Eli Tanna

Eli Tanna est une femme et une artiste à part : à la fois peintre, chanteuse, designer et sculpteur. elle a toujours aimé tester ses limites. Première femme sculpteur abstrait de pierres dures, Eli Tanna a appris seule à se frotter aux matériaux durs, rares et/ou précieux et à dompter la pierre.
  
 
 
 
 
 
Fascinée par la pierre, sa cristallographie et sa chimie, son toucher et sa couleur, Eli Tanna a appris seule. Dans un milieu d’hommes qui ne divulgue jamais ses secrets de taille, Eli Tanna a appris en regardant des vidéos en mandarin sur YouTube ! Après avoir tâtonné et s'être coupée maintes fois, elle arrive à se synchroniser au diapason de ses pierres. Elle sait ainsi se servir des bons outils, lames et meules diamantées.
 
 
 
 
 
A l'occasion d'un second voyage en Asie pour trouver du jade brut et des outils anciens diamantées pour sculpter manuellement, Eli Tanna revient en France tout heureuse d'avoir un trésor sur lequel travailler et les outils pour y parvenir. Suivront des turquoises et du cristal de roche fumé, des lépidolites, fluorines et serpentines, tous lourds, rares et précieux.
 
 
 
 
 
La série des sculptures en pierre gemme est la dernière recherche de l’artiste pour la (re)découverte d’une matière pure, comme un medium naturel millénaire éternel, non reproductible par une machine.
 
Pour Elie Tanna, mettre le feu aux pierres c'est leur donner l'esprit des Sibylles, ces prêtresses d'Apollon qui personnalisaient la divination dans un langage énigmatique. Mais que chacun se laisse guider par ses sensations et/ou son imagination devant ces oeuvres uniques, issues de la nature mais domptées par l'artiste.
 
 
 
Présentation par Eli Tanna
 
"Gemme en feu"
 
Née de la rencontre de la pierre et du feu, la série « Gemstone in fire» évoque un monde entre la magie de la nature et l’esthétique de l’artefact (objet crée par la main de l’homme), incarnant l’éternel et l’éphémère dans la pierre et le gemme. La dimension qu’entretient le sculpteur avec le minéral précieux est celle de l’éternité de la matière et de l’instantanéité fascinante du feu qui se réunissent dans un objet d’art unique. 
 
Après avoir été sélectionnée aux travers de différents voyages en Chine, Italie, France et Afrique, la pierre brute est taillée, sculptée et polie pour y accueillir le feu dans une cavité. Destinées à la joaillerie et habituellement réservées aux soins des lapidaires, les pierres sont ici sculptées dans la masse depuis leur forme brute dans un tout autre format que celui du bijou.
 
Jade du Myanmar, Améthyste du Brésil, Lépidolite de Namibie, Turquoise d'Afrique du Sud, Cristal de Roche fumé, Agate, Serpentine verte de Cesana, Stéatite rose, Fluorite, Calcaire de Syracuse sont autant de pierres dont la rareté et la nature organique imposent un travail minutieux de précision unique pour chacune d’entre elles. La dureté de la matière première implique une perte à la casse, à la taille et au polissage ainsi que l’exclusivité de l’outil au diamant (le diamant ayant la dureté la plus élevée sur l'échelle de Mohs allant de 1 - pour le talc - à 10). 
 
Les pierres sont naturelles à 100% et ne sont pas traitées (par résine, chauffe, électrolyse, additif de transformation, colle ou vernis) afin conserver leurs aspects et leurs propriétés naturelles. La taille, la sculpture et le polissage sont effectués manuellement à la machine et/ou au burin et le lustrage s'effectue à la main. 
 
Issue de la Nature originelle et immanente, la pierre semblait être la matière la plus parlante et la plus familière aux sens. Du magma aux cellules primitives, le minéral transformé par le temps et la chimie des éléments suggéraient tant de beauté qu’il aurait été difficile de trouver un médium aussi précieux et éternel pour oeuvrer. 
 
Partir d’une matière noble à l’état brut, sans utiliser les conventionnelles matières premières des Beaux-Arts, voilà ce qu’il importait. Le diamant, - fusse-t-il la pierre précieuse par excellence - ne se présentait pas sous une forme suffisamment volumineuse pour la sculpture...si bien que les minéraux sont alors apparus comme une évidence. 
 
L’unicité de chaque mine, de chaque partie de minéral, de chaque cristallochimie de pierre induit l’unicité de la sculpture et sa stricte non-reproductibilité à l’identique. La matière brute et unique de la pierre défie l’ère des machine-outils ultra sophistiquées pouvant reproduire aujourd’hui tout petits objets de plastique en bronze au format le plus monumental. La pierre est choisie selon sa forme brute, sa surface, sa couleur, son environnement, et même son histoire parfois. Elle dicte presque sa forme finale au gré du vent, de la lumière, de sa réfraction, diffraction ou encore de sa vibration contre la lame diamantée qui la taille. La fragilité et la casse demandent une minutie et un doigté adaptable à chaque pierre. Elle nécessite parfois l’effleurement seul pour la travailler. Il faut aussi des semaines de reflexions, d’analyses, d’études, d’expériences, de touchers avant d’oser attaquer une matière qui devra in fine «sublimer» son état brut et transmettre une émotion suffisamment digne de sa nature millénaire.
 
 Lorsque l’on tient une turquoise de 5kg, les mains tremblent puis se lancent à la taille intuitive. La veine passe ou casse car la forme de la cristallisation _pour la Jadéite ou le cristal par exemple_ dévie le geste le moins concentré et fracture la facette désirée, ce qui apprend l’humilité vis à vis de l’approche de chaque pierre. La sculpture du gemme et du minéral exige alors une gestuelle sure et patiente, une force ciblée et une persévérance face à son adaptabilité à la structure propre de la matière qui résiste et se brise tant que l’on n’a pas trouvé le sens de la pierre qui convient. Quand l’on arrive à être au diapason de la pierre, sa nature organique nous indique le meilleur angle d’attaque ou de taille qui s’avère des lors éminemment instinctif.