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Musée Cognacq-Jay, Paris

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21 décembre 2011 - 6 mai 2012

Ce samedi 5 mai, à la veille de la fermeture de l'exposition consacrée aux "Boîtes en or et objets de vertu au XVIIIème siècle" (21 septembre 2011 - 6 mai 2012) mais également à la veille des élections présidentielles, nous nous sommes rendus au musée Cognacq-Jay, musée du XVIIIème siècle de la ville de Paris situé dans l'hôtel de Donon dans le 3ème arrondissement.

Nous n'aurions voulu manquer en aucun cas cette exposition exceptionnelle. En effet, le musée Cognacq-Jay conserve 240 objets, soit l'une des plus importantes collections de boîtes et «objets de vertu» en France : boîtes à mouches, tabatières, étuis et nécessaires…

A l'occasion de la parution du catalogue raisonné de cette collection, 180 de ces objets sont présentés au public.

Toute photographie étant interdite, nous vous présentons quelques photographies extraites du dossier de presse établi par la Mairie de Paris.

L’origine de l’expression « objets de vertu » est un peu obscure : il s’agirait soit d’un anglicisme, «Vertue» étant le nom d’un orfèvre ou d’un collectionneur ; soit d’un souvenir de l’émigration des protestants de France, à la révocation de l’Edit de Nantes, ceux que l’on appelait «les Vertueux», parce qu’ils n’avaient pas voulu renier leur foi, parmi lesquels se trouvaient de nombreux artistes et artisans, en particulier des orfèvres.

Pour le titre de ce catalogue, «Boîtes en Or et Objets de Vertu», a été reprise à dessein l’appellation courante employée en anglais, notamment dans les catalogues de ventes : «Gold Boxes and Objets de Vertu». Sous l’appellation «objets de vertu», on entend tous les ouvrages d’orfèvrerie qui ne servent que d’ornement à l’homme, comme tabatière, pomme de canne, étui, flacon, tablette, navette, panier à ouvrages. «Cette partie n’étant qu’un talent de mode et de goût ne peut avoir aucune règle fixe que le caprice de l’ouvrier ou du particulier qui commande» (l’Encyclopédie, article «Bijou»).

Ces «objets de vertu» sont de véritables chefs-d’œuvre d’invention, de fantaisie et de technique. Ils sont en or, enrichis de pierres, couverts de nacre, de porcelaine ou d’émail translucide, parfois ornés de miniatures. Les formes qu’ils adoptent sont aussi variées, parfois incongrues, reproduisant un dromadaire, un violon, une tête masquée ou une jambe... Il s’agissait d’objets précieux, à l’usage domestique parfois réel, mais qui servaient plus souvent de cadeaux et dont la valeur marchande était calculée. Le roi et la reine honorèrent ainsi nombre de leurs courtisans.

L'exposition occupe quatre salles du musée.

La salle I présente notamment le plomb ayant servi à la fabrication d'une boîte en or signée par Daniel Govaers (actif de 1717 à 1750 ; reçu maître en 1717), Paris, 1731-1732. Le plomb et la boîte (ci-dessous) sont exposés côte à côte pour la première fois.

© Françoise Cochennec et Carole Rabourdin - Musée Cognacq-Jay - Roger-Viollet

D'autres boîtes en or, tout aussi superbes les unes que les autres, sont présentées également. L'une d'entre elles a particulièrement retenu notre attention : une boîte dont le couvercle est en "or burgau", de l'or qui a été chauffé pour lui donner l'aspect de la nacre burgau... une petite merveille.

La très petite salle II au fond de la première est consacrée aux boîtes (en or émaillé, en écaille, en corne... ) avec des portraits, certains royaux comme celui de Louis XVI et Marie-Antoinette (ci-dessous) ? La boîte a été réalisée par Paul-Nicolas Ménière (orfèvre, actif jusqu'en 1826 ; maître en 1775), Paris, 1776-1777 ; elle est en or ciselé et plaques de porcelaine, monture à cage, décor en panneaux de porcelaine avec seize portraits de la famille royale, dont Louis XVI et Marie-Antoinette sur le couvercle.

© Marc Dubroca - Musée Cognacq-Jay - Roger-Viollet

Que de merveilles dans la grande salle III où nous avons pu admirer des dizaines d'objets tous aussi beaux les uns que les autres : tabatières, boîtes à poudre, à rouge, à mouche...

Un film de douze minutes réalisé à l’occasion de l’exposition, nous permet d’apprécier comme si nous utilisions notre loupe de gemmologue le raffinement de ces oeuvres qui étaient le comble du luxe au XVIIIe siècle.

Pour nous qui sommes gemmologues, il est indispensable de nous attarder sur la richesse des matières : or, émail, pierres, écaille, nacre, porcelaine, laque orientale ou européenne... de même sur la provenance des objets : Paris, Londres, Genève, les centres allemands - Dresde, Berlin et Hanau - , et quelques autres lieux de production moins bien représentés : la Russie, l’Espagne, le Portugal et l’Italie.

Une boîte nous a enthousiasmés : qu'espérer de mieux pour un gemmologue que cette "boîte faisant cabinet de minéralogie" en or de Johann Christian Neuber, orfèvre (1736-1808; maître en 1762), Dresde, 1870, comportant 120 échantillons de pierres numérotés montés dans une résille d'or ?

© Françoise Cochennec et Carole Rabourdin -Musée Cognacq-Jay - Roger-Viollet

Mais nous sommes tombés aussi sous le charme de ce "Drageoir en forme de dromadaire" d'un anonyme allemand, Dresde, milieu ou fin du XVIIIème siècle, en agate creusée montée sur or et diamants montés sur argent doré :

© Françoise Cochennec - Musée Cognacq-Jay - Roger-Viollet

Dans la salle IV, des objets, surtout des émaux et des vernis martin, sont mis en rapport avec des gravures d’après Watteau, Carl Van Loo, Boucher et d'autres, soulignant ainsi les rapports entre arts décoratifs et les arts majeurs.

La tabatière ci-dessous, de Charles Le Bastier (orfèvre, maître en 1754, décédé en 1783), Paris, 1774-1775, est en or ciselé, guilloché et émaillé. La miniature en émail représente le Bal paré d'après Augustin de Saint-Aubin.

© Françoise Cochennec et Carole Labourdin - Musée Cognacq-Jay - Roger-Viollet

Jamais encore il n'avait été possible d'admirer autant de ces "Boîtes en Or et Objets de Vertu" réunis en un seul lieu (le musée Cognacq-Jay n'ayant pas la place de laisser en exposition tous les objets en même temps de manière permanente, au détriment d'autres expositions) et nous sommes ressortis de cette exposition émerveillés. 

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