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Eurojade - Le Spécialiste du Jade - The Jade Specialist

BOUTIQUE

Complete English version on ISG's website

février 2012


Nous avons voulu publier une traduction partielle d’un excellent article sur l’andésine écrit par Robert James, de l’I.S.G. (International School of Gemology, San Antonio, Texas, Etats-Unis), ceci avec l’autorisation de son auteur, car il n’existe pas de publications françaises d’envergure concernant ce sujet qui a fait couler beaucoup d’encre dans le monde de la gemmologie et continue de le faire. Notre site étant consacré au jade bien sûr mais aussi à toutes les autres pierres, il nous a semblé intéressant d’apporter de l’information en langue française aux lecteurs francophones qui ne maîtrisent pas suffisamment l’anglais pour suivre cette affaire et s’en faire leur propre idée. Comme nous parcourons les salons de minéraux en France et à l’étranger, nous avons remarqué que partout, de l’andésine est présentée comme naturelle et non traitée et est vendue en tant que telle. En tant que gemmologue, il nous a donc paru intéressant de traiter de ce sujet très controversé. A noter que l’article de Robert James ne peut être reproduit sous aucun prétexte, sa version originale étant protégée par les lois du Copyright, comme sa traduction partielle réalisée par nos soins. Les mots apparaissant en italique ont été rajoutés pour plus de compréhension.

Voici la traduction d'un extrait de ce rapport écrit en 2011 :

Andésine, le chapitre vraiment final...

Cette histoire va bien au-delà de celle de l’andésine. Elle traite d’une industrie qui se comporte comme un bateau sans gouvernail et sans capitaine qui navigue sur un océan rempli de pirates. Il arrive que parfois les pirates montent à bord et déroutent le bateau pour l'emmener dans des eaux troubles (...).

Situation initiale

(...)
1. Une nouvelle pierre en provenance d’une nouvelle source que personne n’avait jamais vue auparavant ,

2. Des couleurs telles qui interpelleraient même un étudiant en gemmologie de première année,

3. Une absence totale de brut sur le marché,

4. Aucun laboratoire n’a pu confirmer la provenance de la pierre en question,

5. La seule preuve de son existence de cette pierre était le ouï-dire,

6. Et pourtant… en l’absence totale de recherches gemmologiques correctes et d’investigations, les plus grands laboratoires gemmologiques du pays (note du traducteur : les Etats-Unis) ont certifié que l’andésine qu’ils ont étudiée était naturelle et non traitée. Et les consommateurs ont payé le prix de l’échec des laboratoires à agir de manière responsable.

(...)

Richard W. Hugues et l'andésine

Certains faits ne peuvent pas passer inaperçus. A savoir :

1. L’andésine du Tibet a été introduite de manière formelle sur le marché en 2006 au Salon AGTA à Tucson (Arizona, Etats-Unis) par Bill Larson et Pala International.

2. Richard W. Hughes travaillait chez Pala International à cette époque.

3. Quand les rapports d’identification AGTA GTC (American Gem Trade Association’s Gemological Testing Center) ont été établis en certifiant l’andésine comme naturelle et non traitée, Richard W. Hughes travaillait à l’AGTA GTC et a signé un nombre inconnu de ces certificats.

4. En quittant l’AGTA GTC, Richard W. Hugues est allé travailler chez Gems TV, une chaîne de télévision vendant de l’andésine.

5. Richard W. Hugues et le GIA (Gemological Institute of America) ont publié un rapport d’expédition qui déclarait que le problème de l’andésine du Tibet n’en était plus un. Dans ce rapport, Richard W. Hugues sortait une andésine de derrière un buisson et déclarait : « Les andésines trouvées derrière ce buisson prouvent sans qu’il n’y ait plus aucun doute l’authenticité des mines tibétaines ».

6. Peu de temps après ce rapport d’expédition, le Dr Adolf Peretti filma l’équipe de Li Tong, le propriétaire de la mine, en train de « saupoudrer » les mines du Tibet et fit part d’une recherche scientifique appelant l’andésine du Tibet un canular.

7. Des gens du NGTC (National Gem Testing Center ou Centre National d’Evaluation des Gemmes) en Chine se sont également déplacés jusqu’aux mines du Tibet et ont trouvé un entrepôt plein de «centaines de kilos» d’andésine traitée. Ils ont visité les mines et ont abouti à la même conclusion, à savoir que l’andésine du Tibet est un canular. Pour le NGTC, le canular était tellement évident que le laboratoire a demandé au gouvernement chinois qu’une enquête soit effectuée.

8. Seule l’expédition de Richard W. Hugues continue à maintenir que les mines tibétaines existent. Toutes les autres expéditions qui sont allées au Tibet rapportent que les mines sont un canular, et que les locaux n’ont jamais entendu parler de mine de ce type.

Ou Monsieur Hughes est une victime de ce remarquable concours de circonstances, ou alors cette histoire recèle plus de choses que nous ne le savons encore. Etrangement, son nom semble lié à l’andésine du Tibet chaque fois que son histoire refait surface.

(...)

Spécimens d’étude de l’ISG


(...)

Les laboratoires, ayant un accès moins important au marché et ayant autorisé les vendeurs mis en cause à faire partie de leur groupe d’étude, leurs résultats ne pouvaient qu’être faussés.

L’ISG a acheté ou a fait acheter avec ses propres deniers des centaines de spécimens d’andésite, ceci à un très grand nombre de vendeurs qui ne savaient pas que leurs produits allaient être étudiés.

L’ISG a également obtenu des centaines de spécimens d’andésine pierre de soleil en provenance de mines de l’Oregon (Etats-Unis).

(...)

Résultats des tests de l’ISG

Pour trouver une réponse aux questions posées par cette affaire, l’ISG a travaillé pendant des heures, des jours, des mois et même des années. C’est le temps qu’il a fallu pour aller creuser au plus profond ce fiasco de l’andésine tibétaine.

(...)

Indice de réfraction (I.R.) de l'andésine :

Quand nous avons été approchés pour la première fois par des consommateurs sur l’affaire de l’andésine du Tibet, on nous a simplement demandé de séparer la présumée andésine du Tibet de la pierre de soleil de l’Orégon naturelle. Cela nous a semblé assez facile car les indices de réfraction des deux pierres sont très différents, comme l’indiquent les résultats ci-dessous :

L'andésine du Tibet a un I.R de 1,551-1,560 alors que celle de l’Orégon a un I.R. de 1.570-1580.

Détermination facile. Affaire close. Enfin, c’est ce que nous pensions…

Le rapport du GIA Gems and Gemology de l’hiver 2008 qui concernait les andésines de la première expédition au Tibet du d’Ahmadjan Abduriyim faisait état d’un I.R. de 1,551-1,560, ce qui était conforme aux mesures de l’ISG et d’autres pour ce type de matériau. Cependant, nous avons commencé à obtenir des lectures étrangement anormales pour certains spécimens qui étaient prétendument en provenance du Tibet.

C’est après avoir obtenu des spécimens de la part des propriétaires de mines de feldspath mexicaines que la réponse a commencé à surgir. Le feldspath mexicain avait un I.R. de 1,560-1,570, à mi-chemin entre celui du feldspath du Tibet et celui de l’Orégon. Cependant l’I.R. de certains feldspaths du Tibet flottait dans les mêmes variables que celles des feldspaths mexicains.

1,551-1,560 (Chine) ; 1,561-1,570 (Mexique) ; 1,571-1,580 (Oregon, Etats-Unis)

L'andésine chinoise a un I.R de 1,551-1,560, celle du Mexique a un I.R. de 1,561-1570 et celle de l'Oregon (Etats-Unis) a un I.R. de 1,571-1,580.

Au Sinkankas Symposium de 2010 (San Diego, Californie, Etats-Unis), Shane McClure, Directeur de la Recherche du GIA a indiqué qu’il ne croyait pas qu’il y ait beaucoup de gemmologues suffisamment bons pour pouvoir séparer ces pierres avec un réfractomètre. Pourtant, l'ISG et sa communauté ont vite fait de se rendre compte que déterminer les indices de réfraction était une méthode facile pour séparer les matériaux. Et nous sommes allés plus loin...

En poursuivant ses investigations, l’ISG a trouvé des pierres qui présentaient des résultats inhabituels, mais prédictibles et dont les résultats se répétaient. Ces pierres avaient deux types de catégories d’I.R. qui correspondaient à ce qui ressemblait à une diffusion incomplète. Toutes ces pierres étaient vendues comme des andésines en provenance du Tibet par des vendeurs chinois. Le problème... ces pierres présentaient des surfaces qui donnaient à la fois des indices de réfraction mexicains et des indices de réfraction chinois.

En voici un exemple ci-dessous :

Un côté de la pierre traitée par diffusion donne un I.R. correspondant à celui de l’andésine dite du Tibet alors que la partie transparente sur laquelle le traitement a échoué donne l’I.R. du feldspath mexicain de la mine de Casa Grande au Mexique.

La photo suivante montre la pierre mise en immersion : on voit clairement le traitement par diffusion et le reste de la pierre où le traitement a échoué :

(...)

L’ISG a trouvé cette double lecture d’I.R. dans toutes les pierres qui n’étaient pas complètement jaunes ou rouges.

(...)

Cette anomalie est prédictible et se répète ; elle a été trouvée dans nombre de nos spécimens où une tentative de traitement manquée a été notée, laissant la pierre traitée seulement en partie.

Ceci a été le premier pas dans notre déclaration selon laquelle l’andésine du Tibet présentait des tests similaires à ceux de l’andésine mexicaine. Mais nous sommes allés plus loin…

L’andésine en cellule d'immersion

Aucun des laboratoires n’a cru bon de mettre les andésines en immersion afin de voir la formation intérieure du matériau.

On sait que la pierre de soleil de l’Oregon présente un intérieur rouge et parfois du vert sur les bords, cette couleur étant due à l’oxydation. La situation est inverse dans le cas de l’andésine du Tibet, avec un intérieur vert et un bord rouge.

Un célèbre chercheur allemand, estime que toutes les andésines qui ont un intérieur vert et un bord rouge sont traitées et que le matériau chinois ne peut pas être mexicain, ceci après avoir fait des analyses élémentaires. Mais nous allons revenir là-dessus. Pour l'instant, l'intérieur vert et le bord rouge sont effectivement des éléments majeurs du traitement par diffusion. Nous le savons car nous avons pris la photo suivante d'une pierre vendue par la chaîne télévisée Direct Shopping Channel qui nous a été fournie en 2008 :

Aucune personne ayant un minimum de connaissances gemmologiques ne peut regarder cette photo et déclarer que le matériau est naturel. Les formations de couleurs et la structure sont classiques pour indiquer un traitement. Cependant le GIA et certains membres de l’industrie continuent à soutenir la chaîne de télévision Direct Shopping Network (USA) en l'affirmant.

(...)

Voici la photo d’une andésine qui a été testée en 2008 pour la première fois et qui montre la pierre en immersion. On notera l’intérieur vert et la bordure rouge correspondant à ce que le Dr Claudio Milisenda (DSEF : Deutsche Stiftung für Edelstein Forschung, Idar-Oberstein, Allemagne) considère comme un traitement :

(...)

photo de la pierre intacte en 2008

photo de la pierre découpée en 2010 : noter la formation colorée incurvée avec l'intérieur vert et la bordure rouge

Enfin, voici les spécimens achetés par les membres de la communauté de l'ISG au Salon GJX de 2009 à Tucson (Arizona, Etats-Unis). A gauche se trouve la photo de la pierre achetée chez Litto Gems, à droite celle achetée chez Andegem. Toutes deux montrent clairement la structure colorée que nous connaissons de l'andésine traitée par diffusion.

à gauche, andésine de chez Litto Gems (Hong Kong) ; a droite, andésine de chez Andegem

Fluorescence de l’andésine

Nous tenons à préciser que nos spécimens de brut provenaient directement des acteurs majeurs de ce fiasco de l'andésine chinoise. La photo ci-dessous montre Robert James (l'auteur de cet article), Lisa Brooks-Pike, et M. Ming de King Star. M. Ming a été l'un des participants des expéditions d'Abduriyim et est un négociant majeur dans l'affaire "andésine du Tibet". Les spécimens photographiés viennent directement de chez King Star.


D’après le rapport de l’expédition d' Abduriyim dans le GIA Gems and Gemology de l’hiver 2008, l’andésine de Mongolie intérieure était inerte aussi bien sous les UV à ondes courtes qu’à ondes longues. Ce qui signifiait que tout ce qui fluoresçait devait être en provenance du Tibet.

Dans le même article il était noté que l’andésine du Tibet fluoresçait orangeâtre aux UVL et rouge pâle aux UVC.

Tous les spécimens achetés chez King Star fluoresçaient orange aux UVL et rouge pâle aux UVC

FORMIDABLE ! Nous avions ainsi une méthode pour séparer les pierres de Mongolie intérieure, du Tibet et tous les autres feldspaths de jaune à incolore du monde entier. Pourquoi ? L'ISG a assemblé des échantillons de feldspaths en provenance de toutes les autres sources connues dans le monde (ce fut très coûteux mais nous l'avons fait). Et nous avons trouvé ces feldspaths en provenance de toutes les autres sources avaient la même réaction aux UV : inerte aux ondes longues et rouge pâle aux ondes courtes.

Voici quelques exemples sur les photos qui suivent (la couleur violette sous UVL est due aux UV résiduels sur la photo) :

lumière ambiante                     inerte UVL                         rouge UVC

Voici donc à quoi ressemblent les feldspaths plagioclases naturels sous UVL et UVC.

Et voici que que vous avons trouvé dans la prétendue "andésine du Tibet" :

Ce qui a attiré en premier notre attention est cette croûte vitreuse et vernissée sur la surface du brut très réactive aux UVC et légèrement réactive aux UVL. Nous avons trouvé ce matériau sur la totalité des plus de cinquante échantillons étudiés. Ceci était uniformément prédictible et s'est répété pour chaque spécimen.

Le second point était l'intérieur des pierres. Comme on le voit ci-dessous, la réaction orange aux UVL ne vient pas du cristal de feldspath lui-même, mais elle suit le matériau blanc à l'intérieur des tubes lamellaires de la pierre. En fait, ce ne sont pas les pierres elles-mêmes qui réagissent aux UVL, c'est le matériau diffusé à l'intérieur des pierres qui réagit.

Dans les pierres qui ont été traitées correctement, la couleur est homogène avec la pierre elle-même. Nous pensons que ceci était à la base du rapport d'Abduriyim dans la publication du GIA. Mais dans ces spécimens en provenance du membre de l'expédition King Star et de M. Moong, on voit clairement que la réaction aux UVL est due à autre chose qu'une réaction naturelle du cristal.

lumière ambiante                                      UVL

(...)

Ci dessous, une réaction très étrange aux UVL répétée et vue dans toutes les prétendues "andésines du Tibet" :

(...)

La fluorescence orange que l'on note dans l'andésine du Tibet n'est pas due à la fluorescence naturelle du feldspath, mais plutôt à la diffusion du matériau de traitement ou à quelque chose qui y est lié. Ceci est la raison pour laquelle la prétendue "andésine du Tibet" a une réaction anormale aux UV, différente de toutes celles connues dans les feldspaths de ce type.

(...)

Andésine : spécimens importants

On peut voir sur la photo ci-dessous une pierre qui ne devrait pas exister. Elle fluoresce orangé ax UVL comme Abduriyim l'a rapporté pour l'andésine du Tibet. Mais il y a aussi du jaune entre les couleurs rouges dues à la diffusion. Abduriyim a déclaré que le matérieau de Mongolie intérieure était inerte aux ultraviolets donc cette pierre ne peut pas être de Mongolie intérieure (en admettant qu'il en existe). Et pourtant elle montre des traces de diffusion classiques. Ce qui crée une énorme contradiction dans le rapport d'Abduriyim, tout comme dans le rapport de Richard W. Hugues qui a entériné les découvertes de ce dernier.

Regardons de plus près : ci-dessous, la pierre est photographiée en lumière ambiante, sous UVL et sous UVC. La pierre est légèrement rouge aux UVC et orangée aux UVL. Selon Abduriyim la pierre ne peut pas provenir de Mongolie intérieure mais les résultats concordent avec ceux de l'andésine naturelle du Tibet. Mais si nous appliquons notre connaissance concernant la structure des pierres diffusées et l'éclairage approprié pour observer correctement...

Voici ce que nous voyons dans la pierre : la même structure de diffusion à grande échelle. Avec une légère déformation, la photo mon tre les lamelles remplies de rouge, les parties vertes et les parties incolores, et les couleurs de diffusion rouges entrant dans la pierre.

Cette pierre contredit en tout point le rapport dans "Gems and Gemmology" du GIA de l'hiver 2008. Pas de manière scientifique, mais par l'existence même de cette pierre qui raconte sa propre histoire et que le rapport du GIA ne peut expliquer.

(...)

Compte tenu de tout ce qui précède (note du traducteur : une partie seulement du rapport est traduite donc on comprend ici l’intégralité du texte), regardons les propriétés de la pierre photographiée ci-dessous :

Couleur : jaune

Transparence : transparente

I.R. (indice de réfraction) : 1,561-1,570

Fluorescence : orangeâtre aux UVL, rouge pâle eux UVC

Caractéristiques : diffusion évidente de matériau rouge dans les lamelles de surface

spectre Raman : identique à celui du feldpath de Casa Grande, Mexique

Problème : selon le GIA et Abduriyim, cette pierre n’existe pas.

Cela ne peut pas être une pierre de Mongolie intérieure puisque la fluorescence et l’I.R. ne correspondent pas.

Cela ne peut pas être une pierre tibétaine puisque l’I.R., la couleur et la transparence ne correspondent pas.

Cela ne peut pas être une pierre mexicaine… puisque, ma foi, le Dr Rossman dit qu’il en est ainsi.

Est-ce malgré tout possible ? Que cela peut-il être autrement ? Cette pierre… fait s’écrouler les rapports d’Abduriyim, publiés par le GIA, ainsi que les affirmations du Dr Rossman. Voici pourquoi…

En nous basant sur les recherches de Ted Themelis, nous savons que le traitement par diffusion des pierres peut changer les caractéristiques fondamentales d'une pierre, et dès lors changer l’indice de réfraction et d’autres propriétés dans des proportions inconnues. De ce fait, la position du Dr Rossman selon laquelle les données élémentaires seules permettent d’éliminer le Mexique en tant que source de l’andésine tibétaine ne tient plus. En fait, les déclarations selon lesquelles l’andésine chinoise est différente de l’andésine mexicaine viennent du fait que les tests pratiqués sur l’andésine chinoise l’ont été après le traitement par diffusion. De ce fait, le Dr Rossman n’ayant pas les pierres avant et après traitement, il est impossible de savoir à quoi les caractéristiques de la pierre correspondaient avant traitement.

Pour résumer, le traitement par diffusion changeant les caractéristiques de la pierre, il n’est pas possible d’infirmer ou de confirmer l’origine des pierres après traitement.

Il faut donc utiliser d’autres propriétés pour déterminer la source. Dans le cas de cette pierre, ses propriétés en montrent clairement l’origine :

- l’indice de réfraction correspond à celui que nous connaissons de l’andésine du Tibet traitée par diffusion,

- la fluorescence correspond à celle de l’andésine du Tibet traitée par diffusion,

- le spectre Raman correspond parfaitement aux spectres Raman mesurés pour les feldspaths de Casa Grande au Mexique,

- les apports d’Abduriyim précisent que les propriétés de l’andésine du Tibet et de celle de Mongolie intérieure éliminent précisément ces sources comme étant celles de la pierre testée.

Conclusion : la seule réponse possible à l’existence de cette pierre est que son origine est mexicaine, envoyée en Chine pour y être traitée, le traitement ayant échoué partiellement de telle sorte que la pierre se retrouve dans cet état de traitement partiel. Ensuite, le commerçant a vendu cette pierre bon marché sur eBay depuis son bureau de Hong-Kong.

Cette réponse est la seule plausible à la présence de ce feldspath victime d’un traitement incomplet.

Résumé

Depuis que nous avons pratiqué nos premiers tests, beaucoup d’autres personnes ont effectué des investigations sur l'affaire de l'andésine.

Jordan Clary du magazine Colored Stone a écrit un article sur sa visite au Tibet à la recherche des mines d’andésine. Elle n’a rien trouvé et même les locaux n’en avaient jamais entendu parler.

Le Dr Adolf Peretti a mené une expédition au Tibet et a filmé les mineurs en train de « saler » les mines avec des spécimens qui sortaient de leur poche. Après avoir testé le matériau, lui et d’autres personnes ont qualifié l’histoire de « canular ».

Les gens du NGTC (National Gem Testing Center) de Chine ont effectué une visite au Tibet et ont découvert un entrepôt contenant des "centaines de kilos" d'andésine traitée par diffusion, d'après leurs propres tests. Ils ont aussi visité les mines et ont rapporté que tout avait été artificiellement créé.

Les seules personnes qui ont visité la mine tibétaine et ont rapporté son authenticité sont Richard W. Hugues, qui a signé une grande partie des certificats originaux de l’AGTA GTC stipulant que l’andésine du Tibet était naturelle, Brandan Laurs de GIA Gems and Gemmology, qui publie les rapports d’expédition d’Abduriyim, et Adburiyim lui-même quand bien même les Chinois eux-mêmes qualifient l’affaire de canular.

La chaîne télévisée Jewelry Television, qui a été un acteur majeur dans l’affaire de l’andésine du Tibet qu’ils ont achetée à Andegem, présente désormais toutes ses pierres comme traitées par diffusion. La chaîne nous a procuré dix spécimens pour que nous puissions les utiliser comme pierres de contrôle. Jewelry Television travaille maintenant à promouvoir une divulgation correcte et l’intégrité de l’industrie et nous applaudissons ses efforts.

Direct Shopping Network a perdu son procès contre le magazine Colored Stone concernant la publication de nos rapports.

Direct Shopping Network continue ses poursuites contre moi personnellement parce qu’il a fait des rapports à ce sujet.

Nous continuons à affirmer que l’andésine des Jeux Olympiques de Pékin 2007 DSN qui est en notre possession et que nous avons étudiée dans ce rapport, montre tous les caractères classiques de diffusion par traitement. Et nous continuons de maintenir que les spécimens que nous avons testésont les mêmes spectres Raman, les mêmes inclusions et les mêmes autres caractéristiquesque le feldspath mexicain.

Art Garabedian de chez DSN a admis que le Diamond Institute de Anaheim (Californie, Etats-Unis) avait été créé par lui sur son ordinateur. La chaîne télévisée DSN vendait ces certificats comme des rapports gemmologiques indépendants aux consommateurs. Alors qu’ils étaient créés et signés par Art Garabedian lui-même.

(...)

Pour terminer sur le sujet, voici ci-dessous un spectre Raman de dix feldspaths connus :

- trois pierres de soleil de l’Oregon,

- une andésine traitée par diffusion et divulguée de (la chaîne téléviséeaméricaine) Jewelry Television,

- un feldspath jaune facetté de Casa Grande au Mexique, fourni par le propriétaire de la mine

- une labradorite jaune mexicaine correctement divulguée et fournie par Andegem

- deux andésines Jeux Olympiques Pékin 2008 de (la chaîne télévisée américaine) Direct Shopping Network achetées directement à DSN,

- une pierre de soleil "confetti" de Tanzanie fournie par les vendeurs de Color First,

- une pierre de soleil indienne fournie par un important lapidaire indien,

Les pierres de soleil de l’Oregon ont des spectres Raman identiques avec une photoluminescence Raman plus élevée que les autres spécimens.

La labradorite jaune mexicaine, l’andésine Jeux Olympiques de Pékin 2008 de Direct Shopping Network, et l’andésine traitée par diffusion et correctement divulguée de Jewelry Television ont des spectres Raman identiques.

Le feldspath "confetti" de Tanzanie et le feldspath pierre de soleil indien ont des spectres identiques et uniques.

La base de ce rapport étant que l’andésine des Jeux Olympiques de Pékin 2008 de Direct Shopping Network, tout comme les andésines tibétaines testées à ce jour, donnent les mêmes tests que les feldspaths mexicains traités et connus en tant que tels.

Les spectres ramans sont prédictibles et répétés.

Si l'on prend l'intégralité des informations, des recherches et de la documentation scientifique contenus dans ce rapport (version complète en anglais) et que l'on fait contrepoids avec ceux qui prétendent que l’andésine du Tibet est naturelle, la seule conclusion plausible est que les mines d’andésine du Tibet sont un canular. Ce fiasco constitue le traitement perpétré sur le marché à l'échelle la plus grande pour une seule pierre et a été fait avec l’approbation tacite de laboratoires gemmologiques majeurs qui ont manqué à leurs responsabilités.

Y a-t-il une mine d’andésine au Tibet ? Qui sait. Mais ce qui est certain, c’est que l’andésine vendue sur le marché comme naturelle est actuellement de l’andésine traitée par diffusion qui est vendue sans que ce traitement soit divulgué.

Nous espérons que ce qui précède va mettre un terme au débat sur l’andésine du Tibet.

Robert James FGA(Fellow of the Gemmological Association of Great-Britain), GG (GIA Graduate Gemologist)

Président de l’International School of Gemology

Nota : l'intégralité du texte original et des photos © 2011 ISG (International School of Gemology) - Tous Droits Réservés. Traduction  Eurojade soumise au droit d'auteur. Aucune partie ou intégralité du texte ou des photos ne peuvent être reproduits sans l'autorisation expresse de l'ISG (International School of Gemology) à San Antonio, Etat du Texas, Etats-Unis d'Amérique.
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