Eurojade - Le Spécialiste du Jade - The Jade Specialist

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Ce sont les Espagnols qui, en conquérant l'Amérique centrale, découvrirent une pierre de couleur verte à laquelle les Indiens attribuaient le pouvoir de guérir les maux de reins. La nommant "piedra de ijada" ("pierre de reins" - ou "pierre de flanc" -), le mot français qui en découla devient "pierre de l'éjade" puis, par déformation, "jade". Ce mot apparaît pour la première fois dans le "Dictionnaire général" en 1667.

Le scientifique français Alexis Damour a choisi le terme "jadéite" en 1863 pour caractériser les jades, de couleur verte et originaires de Birmanie qui, un siècle plus tôt, avaient commencé à inonder le marché chinois.  La jadéite est en général plus brillante et translucide que la néphrite, et sa couleur, souvent verte, a contribué à laisser croire que le jade est une pierre de couleur verte, condamnant à l'oubli les jades blancs du Turkestan. Alexis Darmour proposait de réserver le mot "néphrite" au jade du Turkestan.

Le jade d'Amérique centrale ne reçut que bien plus tard un nom scientifique : "lapis nephreticus", du grec "nephros", qui signifie rein et correspond à l'organe qu'il est présumé soigner.

Les Chinois traduisent "néphrite" par les mots "lao-yu" (vieux jade) ou "pai-yu" (jade blanc) et jadéite par "fei-ts'ouei yu" (jade de martin-pêcheur).

Certaines chroniques historiques affirment que la pierre de yu n'a pas toujours été exportée du Turkestan. Jusqu'aux premiers siècles de l'ère chrétienne, elle aurait été extraite de mines situées en Chine même, dans la province du Chan-si, en particulier à Lan-t'ien (sud-est de Si-ngan), près de la montagne de Jade (Yu-chan). Rien ne permet de confirmer que cette pierre ait été du jade, d'autant qu'aucune mine n'a été retrouvée au Chan-si.

En revanche, le jade du Turkestan a pénétré en Chine bien avant l'ère chrétienne, dès le IVème siècle avant Jésus-Christ. Les peuples turcs yüeh-chih (IIème siècle avant Jésus Christ-1er siècle après Jésus Christ) qui contrôlèrent les monts Kunlun, en furent peut-être les premiers introducteurs. Leur nom a en effet été associé au terme "casia", qui signifie "jade" pour les Grecs.

Pour les Chinois, le jade était la plus précieuse des pierres et entrait dans la fabrication des instruments sacrés et des insignes du pouvoir. Il était symbole d'autorité, de sacré, réservé aux plus puissants et en même temps paré de toutes les vertus (la charité, la droiture, la sagesse, le courage et l'équité).

Les attributs en jade avaient tous un langage différent, riche en symboles, et renvoyant à la position sociale de celui qui les portait. Selon la position sur l'échiquier du pouvoir, la couleur du jade change : la ceinture de l'empereur était de jade blanc, celle des princes de jade vert et celle des préfets de jade bleu.

L'empereur Ts'ien-lung, au XVIIIème siècle, a notamment été un grand amateur de jade du Turkestan.D'après le "Mémorial des rites", livre canonique du Céleste Empire, le jade était "comme la matière subtile de l'arc-en-ciel, concrète et fixée sous la forme de pierres dans les montagnes et les rivières".

La première culture à avoir révéré le jade est la Chine. Il y a plus de 5000 ans, des peuplades venues des montagnes Kulun ont commencé à négocier du jade local en passant par la ville de Hotan sur la fameuse Route de la Soie. L'explorateur Marco Polo en fut le témoin en 1272, ce qui lui donna le privilège d'être le premier européen à observer les chinois ramasser le jade à sa source. A l'époque déjà, on façonnait dans le jade des sculptures remarquables tant par leur style que par la complexité de leur réalisation.

Peu après et peut-être même de manière contemporaine, les communautés à l'ouest du Lac Baïkal en Sibérie utilisèrent aussi le jade, non pas pour sa beauté comme en Chine, mais pour sa capacité à en faire un instrument aiguisé, indispensable à  la vie quotidienne.

Puis ce fut au tour des Olmèques d'Amérique centrale. A partir d'environ 1500 avant Jésus-Christ, ils se mirent à fabriquer des instruments d'adoration en jade ainsi que dans d'autres matériaux. Leurs dépôts de jade servirent aussi aux Mayas par la suite jusqu'à environ de 900 avant Jésus-Christ puis après, aux Aztèques. Ces derniers furent des adorateurs du jade jusqu'à ce que les Espagnols, dont l'intérêt premier était l'or, les massacrent. C'est à ce moment-là que les dépôts de jade des Aztèques furent découverts.

La Suisse aussi capitalisait sur les qualités spéciales du jade à cette époque. Bien sûr, la région autour du lac de Constance ne portait pas ce nom en 3500 avant Jésus Christ, mais c'est à cet endroit que le jade était utilisé pour fabriquer des haches servant à couper le bois et à tuer les animaux.

A la même époque, les Maoris résidaient en Nouvelle-Zélande depuis presque 500 ans et ils manifestaient la même révérence pour le jade que les chinois.

Le mot "yu" est utilisé depuis des temps très anciens par les Chinois pour désigner toute pierre de valeur taillée, et pas seulement le jade. L'idéogramme correspondant (et toujours actuel) représente trois pièces de jade attachées l'une à l'autre par une corde, et fait référence à un objet de culte.

A noter qu'à l'époque de Marco Polo, le jade était confondu avec le jaspe, la calcédoine ou même le marbre.

En ce qui concerne les rituels mortuaires, le jade était très présent également, puisqu'il était censé aider à la renaissance du corps (selon la religion taoïste).

L'amulette de jade représentant une cigale est un parfait symbole de la résurrection. Le taoïsme utilise d'ailleurs beaucoup le jade dans son vocabulaire.

Selon Confucius, la vertu et le jade sont comparables.

Il est intéressant de noter que les lapidaires chinois ont toujours préféré le jade "pêché" dans les rivières que celui extrait des mines. La "pêche" au jade est d'ailleurs une tradition très lointaine illustrée notamment par des gravures où des jeunes femmes, représentant le principe féminin ying, vont chercher du jade (représentant le principe masculin yang) dans les rivières.

Le jade est très différent des autres gemmes, par exemple du diamant, du saphir, etc. Pourquoi ? Parce qu'il ne se facette pas, sa mise en valeur s'effectuant principalement par un polissage soigné.

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