Eurojade - Le Spécialiste du Jade - The Jade Specialist

SHOP

jades mayas du Guatemala, Collection Paul et Dora Janssen-Arts, prêt de la Communauté flamande au Musée du Cinquantenaire, Bruxelles, Belgique

Les Mésoaméricains avaient la même dévotion pour la jadéite que les Chinois pour la néphrite. Hélas leur dévotion fut mise à mal par les conquistadors espagnols menés par Cortés qui, au début du 16ème siècle, décimèrent les populations et les éloignèrent de leur culture d'origine en pillant leurs trésors. De ce fait la jadéite fut ignorée pendant plusieurs siècles. Jusqu'à ce qu'elle soit remise au goût du jour par des américains qui partirent en expédition au Guatemala pour y découvrir une mine.

Pour les Mayas, le jade était la pierre de l'éternité, la pierre du ciel ou encore la pierre symbole de l'amour éternel.

On a retrouvé des pièces dentaires incrustées de jade, et cette pierre était celle dont on faisait les masques ou les colliers qui accompagnaient les puissants dans leurs tombes. Pour les classes plus modestes, on plaçait un morceau de jade dans la bouche du défunt car les Mayas pensaient que l'âme quittait le corps par la bouche en emportant le morceau de jade comme passeport pour l'éternité.

C'est la raison pour laquelle quasiment tous les masques ont la bouche ouverte avec un morceau de jade à l'intérieur.

Le jade était aussi travaillé en bijoux divers (colliers, bracelets, boucles d'oreilles) et en objets tels que des verres ou d'autres récipients pour les offrandes divines.

Il semblerait  que les Mayas utilisaient un abrasif composé de jade, de rubis ou de grenat mélangé à de la graisse animale comme la graisse de cochon ou à du lait. L'abrasif était appliqué en le frottant avec une fine couche d'obsidienne ou de bois ayant la forme d'une lame. Les mayas utilisaient aussi des fibres végétables  sous la forme de corde pour appliquer l'abrasif. Les trous étaient pratiqués avec une pointe de bambou attachée à un foret. Ce qui signifie des mois et parfois des années de travail pour une seule pièce.

Le jade du Guatémala est toujours extrait des carrières de la Sierra de las Minas à Zacapa, dans la vallée de la rivière Motagua. Ces carrières ont été oubliées pendant la conquête espagnole et redécouvertes par Robert Leslie et William Foshag dans les années 50. Ces carrières sont parmi les carrières de jadéite les plus importantes au monde.

Elles ont été explorées plus tard par un couple d'Américains, Mary Lou et Jay Ridinger. En 1987, ils découvrirent un bloc dans cette vallée, d'une couleur bleu-vert identique à celle des objets qui avaient été trouvés dans des tombes du Costa Rica et couleur de prédilection des Olmèques. En revanche, pas de vert émeraude tel celui du Jade Impérial birman ou de cette jadéite trouvée dans les tombes d'Amérique Centrale, particulièrement du Salvador et de Belize. Cette qualité était-elle épuisée ?

Depuis ses débuts, le couple n'a cessé d'aller de découverte en découverte, sortant de terre des jades verts, blancs, noirs, dont un noir ébène nommé "Maya noir". En 1987 apparut un jade comportant de l'or, de l'argent, du platine, de la pyrite, du nickel et du cadmium ; son nom, "or galactique" est inspiré du tableau de Vincent Van Gogh "La nuit étoilée".

Les Mayas, et parfois les Aztèques, fabriquaient pour leurs défunts des masques funéraires en jade ainsi que des vêtements et autres objets et ils recouvraient également de jade les sarcophages en pierre.

Les Aztèques donnèrent le nom de "quetzalitzli" à la jadéite vert émeraude à laquelle tous les pouvoirs étaient conférés : guérison, exorcisme, protection et même immortalité.

Ce sont donc finalement les Olmèques et les Mayas qui produisirent le plus de sculptures en jadéite alors que les Aztèques, tout en révérant le jade, en sculptèrent très peu. Les deux premières tribus avaient un accès direct aux sources guatémaltèques de jade alors que Aztèques dépendaient d'autres tribus qui gardaient leurs sources secrètes. La région de la vallée de Motagua a fourni la plupart du jade à la population de Mésoamérique pendant plus de 3.000 ans. A ce jour, aucune autre source de jadéite n'a été trouvée.

Quant aux Olmèques, même s'ils sont moins connus que les Mayas ou les Aztèques, ils produisirent des masques étonnants représentant des figures humaines.

Comme partout ailleurs dans le monde, des marchands peu scrupuleux nomment "jade" de nombreuses imitations.

note  : le terme Mésoamérique a été défini par l'anthropologue allemand Paul Kirchhoff dans les années 1940 sur la base d'une liste de traits culturels communs aux civilisations de cette zone géographique.

Au niveau géographique, la Mésoamérique s'étend du tiers méridional du Mexique à la péninsule de Nicoya, au Costa Rica (voire jusqu'au sud du pays), en incluant le Belize, le Guatemala, l'ouest du Honduras, le Salvador et le versant pacifique du Nicaragua. La Mésoamérique est à différencier de l'Amérique centrale qui, dans son acception géographique, va du Guatemala au Panama.

Les Mayas couvrent les périodes préclassiques à classiques. Les dates de début et de fin de chaque époque ont fait l'objet de nombreuses recherches et discussions, mais on attribue traditionnellement les dates suivantes à chaque période : préclassique (également appelée formative, en particulier dans les publications en anglais) : de 2500 av. J.-C. à 200 ap. J.-C.; préclassique ancien : de 2500 av. J.-C. à 1200 av. J.-C. ; préclassique moyen : de 1200 av. J.-C. à 400 av. J.-C. ; préclassique récent (ou tardif) : de 400 av. J.-C. à 200 ap. J.-C. ; classique : de 200 à 900 ap. J.-C.; classique ancien : de 200 à 600 ap. J.-C. ; classique récent (ou tardif) : de 600 à 900 ap. J.-C. ; postclassique : de 900 ap. J.-C. à la conquête espagnole; postclassique ancien : de 900 à 1200 ap. J.-C. ; postclassique récent (ou tardif) : de 1200 à la conquête espagnole. De nombreuses propositions de chronologies alternatives ont été publiées par d'éminents chercheurs, mais le cadre commun de référence de quasiment tous les mésoaméricanistes reste le schéma ci-dessus.

 

×

TOP