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BOUTIQUE

Objets en jade et autres pierres vertes

Musée du Louvre, Paris

21 janvier 2012

La Galerie d'Apollon du Palais du Louvre, qui a été construite à la gloire de Louis XIV, le Roi Soleil, avait rouvert en novembre 2004 après trois ans de travaux. Décorée par les plus grands artistes français de Le Brun à Delacroix, elle a servi de modèle à la Galerie des Glaces du Château de Versailles.

La galerie abrite, depuis 1861, la collection de vases en pierres dures de Louis XIV, complétée en 1887 d’un trésor historique constitué au fil des siècles : les Diamants de la Couronne. Ces oeuvres, parmi les plus précieuses du département des Objets d’art, sont présentées dans des vitrines conçues pour elles au XIXe siècle. L’histoire des Diamants de la Couronne est une véritable épopée pleine de rebondissements. Oeuvres aux destins mouvementés, passées de mains en mains, ces joyaux ont été remontés au gré des souverains. Fondé par François 1er, enrichi sous Louis XIV, ce trésor alors inaliénable atteint son apogée sous Louis XV avec l’achat du Régent. Ce diamant, « de la grosseur d’une prune de la reine Claude » selon Saint-Simon, était le plus grand diamant blanc connu en Europe. Après la Révolution, ce trésor d’Etat sera reconstitué par Napoléon 1er.

Une nouvelle et prestigieuse acquisition, avait rejoint les Diamants de la Couronne : le collier et la paire de boucles d’oreilles d’une somptueuse parure exécutée par François-Regnault Nitot, offerte en 1810 par Napoléon Ier à l’impératrice Marie-Louise, à l’occasion de leur mariage. Avec au total 38 émeraudes et 1246 diamants, ces bijoux historiques sont une parfaite illustration de l’excellence de la joaillerie parisienne. Cette nouvelle acquisition était présentée pour la première fois au public à l'occasion de la réouverture.

Nous avions eu l'occasion de nous y rendre fréquemment pour admirer toutes ces merveilles et avions décidé de profiter de ce samedi maussade janvier pour y emmener une collègue gemmologue de province.

Las, quelle déception ! La galerie est en travaux "pour une durée indéterminée mais qui pourrait être longue car attendez-vous à ce que beaucoup de salles soient fermées et beaucoup d'objets déplacés jusqu'en 2016". Aucune indication faisant état de ces travaux n'était indiquée sur internet, ce que nous trouvons scandaleux, surtout pour les personnes qui visitent le Louvre spécialement pour la galerie et après avoir payé le prix d'entrée au musée (10 euros pour les collections permanentes), se retrouvent frustrées et déçues... et ont l'impression de s'être fait berner.

La Galerie d'Apollon est plongée dans l'obscurité, hormis deux ou trois plafonniers qui diffusent une lumière très faible (le plafond étant recouvert d'une bâche, les lumières sont occultées) et chose incroyable, seules deux vitrines de présentation sont éclairées, une troisième vitrine est éclairée par une lumière défaillante qui clignote de façon très énervante et les autres - la majorité - sont plongées dans l'obscurité la plus totale.

Pour arranger les choses, le ciel parisien étant très gris ce jour et les rideaux occultants étant pour la plupart aux trois quarts baissés, nous n'y voyons quasiment rien et manquons rebrousser chemin.

C'est dans ces conditions que nous avons essayé d'admirer les vitrines de la galerie. A noter qu'une partie des joyaux a été déplacée, et que nous allons devoir traverser le musée et changer d'étage pour dénicher, disposés dans une vitrine avant (ou après, selon le sens d'arrivée) les appartements de Napoléon III, les bijoux de l'impératrice Marie-Louise.

Compte tenu des conditions de luminosité, nous n'avons photographié que quelques-uns des objets en jade présentés dans la galerie ce jour.

coupe ronde en prime d'émeraude (chromojadéite) et or

Milan, vers 1535. Monture en or, Paris (?), milieu du XVIème siècle, bouton du couvercle : Antoine Gibert, Paris, 1780. Ancienne collection d'Henri II. Entrée dans la collection de Louis XIV vers 1685.

coupe ronde en prime d'émeraude (chromojadéite), jaspe, or émaillé et pierres gravées

Couvercle : Milan, vers 1535 ; monture (or émaillé, pierres gravées) : Paris, milieu du XVIème siècle (?). Entrée dans la collection de Louis XIV vers 1687.

vase en prime d'émeraude (chromojadéite) et or

Milan, vers 1535. Monture en or émaillé. Paris, vers 1630. Ancienne collection du cardinal Mazarin de Louis XIV.

coupe ronde en jade et or

Milan, milieu du XVème siècle ? Monture en or partiellement émaillé. Anneau supérieur : Paris, milieu du XVIIème siècle. Anneau inférieur : Antoine Gibert. Paris, 1778. Entrée dans la collection de Louis XIV vers 1687.

coupe en forme de coquille en jade, argent doré et or émaillé

Augsbourg, vers 1660-1670 ? Monture en argent doré et or émaillé : Paris, vers 1687. Achetée par Louis XIV au marchand Danet en 1687.

coupe ovale en jade

Italie, XVIIème siècle ? Entrée dans la collection du cardinal Mazarin entre 1653 et 1681. 

soucoupe en jade

Art oriental. Entrée dans les collections de Louis XIV entre 1684 et 1701.

coupe en forme de coquille en jade

Milan, seconde moitié du XVIIème siècle ; monture en argent doré. Paris, vers 1670 ?

coupe couverte en jade, argent doré, or émaillé, rubis et perles

Milan, vers 1600. Entrée dans la collection de Louis XIV entre 1684 et 1701.

vue générale de quelques coupes en jade

vue générale de quelques coupes

au fond : coupe ronde en jade et en argent doré ; devant : coupe ovale en jade

Sur la photo ci-dessus, la coupe du fond est un objet d'art moghol. Monture en argent doré : Michel Debourg, Paris, 1686-1687. Entrée dans la collection de Louis XIV entre 1681 et 1684. Envoyée au palais de Saint-Cloud au XIXème siècle. Devant, la coupe est en provenance de Milan, seconde moitié du XVIème siècle. Entrée dans la collection de Louis XIV vers 1685.

vue générale de quelques coupes

coupe ovale en jaspe sanguin

 Cette coupe n'est pas en jade, mais en jaspe sanguin. Milan, seconde moitié du XVIème siècle. Elle est entrée dans la collection de Louis XIV entre 1701 et 1713.

 

Dans cette vitrine qui se trouvait sur notre chemin vers les Joyaux de la Couronne (présentés temporairement dans une vitrine à côté des appartements de Napoléon III), nous avons découvert quatre superbes pièces en jade (trois sur la première photo, une sur la photo suivante), sans aucune mention explicative (ni pour les autres pièces d'ailleurs). Quel dommage ! 

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