Eurojade - Le Spécialiste du Jade - The Jade Specialist

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Les Chinois traduisent "néphrite" par les mots "lao-yu" (vieux jade) ou "pai-yu" (jade blanc) et jadéite par "fei-ts'ouei yu" (jade de martin-pêcheur).

Certaines chroniques historiques affirment que la pierre de yu n'a pas toujours été exportée du Turkestan. Jusqu'aux premiers siècles de l'ère chrétienne, elle aurait été extraite de mines situées en Chine même, dans la province du Chan-si, en particulier à Lan-t'ien (sud-est de Si-ngan), près de la montagne de Jade (Yu-chan). Rien ne permet de confirmer que cette pierre ait été du jade, d'autant qu'aucune mine n'a été retrouvée au Chan-si.

En revanche, le jade du Turkestan a pénétré en Chine bien avant l'ère chrétienne, dès le IVème siècle avant Jésus-Christ. Les peuples turcs yüeh-chih (IIème siècle avant Jésus Christ-1er siècle après Jésus Christ) qui contrôlèrent les monts Kunlun, en furent peut-être les premiers introducteurs. Leur nom a en effet été associé au terme "casia", qui signifie "jade" pour les Grecs. 

Pour les Chinois, le jade était la plus précieuse des pierres et entrait dans la fabrication des instruments sacrés et des insignes du pouvoir. Il était symbole d'autorité, de sacré, réservé aux plus puissants et en même temps paré de toutes les vertus (la charité, la droiture, la sagesse, le courage et l'équité).

Les attributs en jade avaient tous un langage différent, riche en symboles, et renvoyant à la position sociale de celui qui les portait. Selon la position sur l'échiquier du pouvoir, la couleur du jade change : la ceinture de l'empereur était de jade blanc, celle des princes de jade vert et celle des préfets de jade bleu.

L'empereur Ts'ien-lung, au XVIIIème siècle, a notamment été un grand amateur de jade du Turkestan.D'après le "Mémorial des rites", livre canonique du Céleste Empire, le jade était "comme la matière subtile de l'arc-en-ciel, concrète et fixée sous la forme de pierres dans les montagnes et les rivières".

La première culture à avoir révéré le jade est la Chine. Il y a plus de 5000 ans, des peuplades venues des montagnes Kulun ont commencé à négocier du jade local en passant par la ville de Hotan sur la fameuse Route de la Soie. L'explorateur Marco Polo en fut le témoin en 1272, ce qui lui donna le privilège d'être le premier européen à observer les chinois ramasser le jade à sa source. A l'époque déjà, on façonnait dans le jade des sculptures remarquables tant par leur style que par la complexité de leur réalisation.   

Le mot "yu" est utilisé depuis des temps très anciens par les Chinois pour désigner toute pierre de valeur taillée, et pas seulement le jade. L'idéogramme correspondant (et toujours actuel) représente trois pièces de jade attachées l'une à l'autre par une corde, et fait référence à un objet de culte.

A noter qu'à l'époque de Marco Polo, le jade était confondu avec le jaspe, la calcédoine ou même le marbre.

En ce qui concerne les rituels mortuaires, le jade était très présent également, puisqu'il était censé aider à la renaissance du corps (selon la religion taoïste). 

L'amulette de jade représentant une cigale est un parfait symbole de la résurrection. Le taoïsme utilise d'ailleurs beaucoup le jade dans son vocabulaire. 

Selon Confucius, la vertu et le jade sont comparables. 

Il est intéressant de noter que les lapidaires chinois ont toujours préféré le jade "pêché" dans les rivières que celui extrait des mines. La "pêche" au jade est d'ailleurs une tradition très lointaine illustrée notamment par des gravures où des jeunes femmes, représentant le principe féminin ying, vont chercher du jade (représentant le principe masculin yang) dans les rivières. 

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