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Néphrite de Sestri Levante, Italie

 

L’existence de jade néphrite dans les Apennins Liguriens en Italie est connue depuis plus d’un siècle. Kolesnik en 1970 et Frey et Skelton en 1991 citent d’ailleurs l’endroit comme le plus important d’Europe en ce qui concerne le jade néphrite. Des doutes subsistent cependant à ce sujet (voir notamment l’article concernant le jade suisse de Scortaseo). Cependant, l’exploitation commerciale ne s’est pas produite et peu de spécimens sont présents dans les collections minéralogiques majeures. L’histoire de ces dépôts demeure également mystérieuse.

Situé à 40 kilomètres à l’est de Gênes et à côté de la ville de Sestri Levante sur la Rivera italienne, les gîtes de jade néphrite se situent presqu’exclusivement dans le Parc Régional des Cinq Terres. Le site occupe une superficie d’environ 150 mètres sur 40.

Etonnamment, alors que les premières indications concernant la néphrite ont été faites par Kalkowsky en 1906, il n’existe pas de littérature technique sur le sujet ni d’exploitation de cette néphrite.

En utilisant la notation de Munsell (Rock-Colour Chart Committee, 1980), le jade néphrite s’étale de vert pâle et vert-jaune pâle, gris-vert, vert sombre, vert-jaune sombre mais la couleur gris-vert prédomine. Certaines zones localisées contiennent une variété inhabituelle d’un gris-bleu moyen avec des tâches gris-bleu plus claires.

Les rayons X et les examens pétrographiques de certains échantillons montrent que la néphrite est composée de trémolite-actinolite étroitement associée à des quantités appréciables et variables de chlorite et de diopside et dans une moindre mesure de talc. La majorité de la trémolite-actinolite montre une orientation préférentielle naissante et se trouve sous la forme de cristaux fibreux très fins, de moins de 0,005 mm de largeur.

Certains spécimens sont porphyritiques et contiennent différentes inclusions : en 1906, Kalkowski identifia les minéraux suivants, coexistant d’une manière mineure : apatite, chlorite, diopside, grenat, hématite, magnétite, picolite et sphène.

De manière quasi constante, les dépôts de néphrite dans la région de Sestri Levante sont étroitement associées à des roches mafiques et ultramafiques. Selon Nichol (2000), les dépôts sont de type ortho-néphrite.

Le fait qu’il n’y ait pas eu exploitation minière de ces gisements s’explique certainement parce qu’il n’y a pas eu de découverte de bloc suffisamment important pour la justifier. De ce fait, seuls des fragments ont été arrachés à la roche pour en façonner des petits bijoux.

Il faut aussi noter que la qualité gemmologique du matériau est très faible, le monominéral étant présent à 5 % selon les estimations. D’autre part, cette néphrite n’a pas l’éclat vitreux de la néphrite que l’on peut rencontrer dans d’autres endroits du monde. Enfin, on n’a pas trouvé de blocs suffisamment grands pour être taillés en sculptures ou en objets d’une certaine taille.

A l’heure actuelle, la collection la plus importante de spécimens de jade néphrite de Sestri Levante se trouve au Museum für Mineralogie und Geologie de Dresde, en Allemagne. Cette collection de soixante-dix spécimens bruts ou polis a été rassemblée par Ernst Kalkowsky lui-même (Mathé, 1993).

Un seul spécimen est présenté au public dans le Schatzkammer Museum à Dresde, Allemagne.

Seuls trois spécimens sont présents au Museo Civico di Storia Naturale de Gênes, Italie, mais ils ne sont pas visibles par le public.

 

Cet article est une adaptation courte, non exhaustive et autorisée de l’article «Nephrite Jade from Sestri Levante, Italy » par le Dr Douglas Nichol, Wrexham, Pays-de-Galles, paru dans « The Journal of Gemmoly », pages 463-471, Volume 28, n° 8, octobre 2008. Tous droits réservés.
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